28 juillet 2020

L’école des ministres

Pour la première fois dans l’histoire du Tchad voire dans l’Histoire, toute une équipe gouvernementale se réunit dans une école : les ministres, assis côte à côte comme des élèves dans une salle de classe, en train de suivre les cours.

Cette « innovation politique » était mise en pratique à l’ENA tchadienne sous la houlette de la ministre secrétaire générale du gouvernement, Mariam Mahamat Nour. L’organisation de cette journée de formation et de partage d’expériences à l’attention des membres du gouvernement est venue accentuer le rôle prépondérant que joue l’École Nationale d’Administration dans la formation des agents de l’administration d’un pays, en l’occurrence le Tchad. S’inscrivant dans la même logique de l’initiative, je propose un concept de son approfondissement dans l’optique de pérenniser la bonne action gouvernementale pour ainsi solidifier les institutions de l’État. Je m’inspire de la Cité idéale de Platon : le concept est donc Gouvernement Idéal

Le Gouvernement Idéal (G.I) va fonctionner selon ces 3 règles :

Le/la ministre doit être très compétent.e et/ou sorti.e d’une grande école

Fini les nominations politiques. Tout(e) ministre, aussi proche du président soit-il/elle, se doit de prouver ses compétences avérées en rapport avec le département ministériel qu’il-elle va diriger. Le diplôme minimum requis pour être ministrable au Tchad sera la Licence

Lire aussi : suite au dernier remaniement ministériel au Tchad, les jeunes se considèrent tous « ministrables »

L’attribution d’un poste ministériel se fait par appel à candidature comme dans les Organisations Internationales (ONU, CPI, OMC, etc.). Le quota de parité sera rigoureusement respecté.  

Organisation des cours de perfectionnement dans les ministères

Comme on doit apprendre de la berceuse jusqu’à la tombe, tous les agents des différents ministères se doivent de suivre 2h heures de cours et faire 5h de travail par jour. Les cours se feront en ligne. Ils pourront à cet effet combiner apprentissage et travail. Un dispositif de suivi sera piloté par le ministre afin de s’assurer de l’assiduité de ses agents dans la formation. Bon à savoir le ministre lui-même suivra une formation tout comme ses agents.

Les fonctionnaires retraités deviendront automatiquement des formateurs pour les agents en fonction. Les plus vieux d’entre les retraités seront des conseillers : leurs ministères de tutelle les consulteront en cas d’une situation délicate.

L’avancement de carrière se fait par test

Les fonctionnaires seront évalués tout au long de leur carrière. Ils évoluent en échelons et grades à l’issu des tests organisés chaque année. Ils cumuleront des points sur la performance au travail qui comprend discipline, productivité, assiduité et ponctualité notée sur 50 points. La progression dans la formation aussi sur 50. Ceux qui parviennent à totaliser au moins 50/100 gagnent un avancement le 31 décembre.

Ce n’est qu’avec le Gouvernement Idéal qu’on aura une fonction publique « saine », sérieuse et compétitive. Je pense naïvement que la tendance en matière de chômage sera renversée. Les compétents ne vont jamais chômer et seront l’épine dorsale de l’administration et les médiocres, les nuls et les tricheurs seront des « persona non gratta ».

Je propose même qu’on crée une cour spéciale pour les fonctionnaires détenteurs de faux diplômes ou qui cumulent illégalement deux ou trois salaires ou qui détournent le fonds publics. Les accusés seront jugés pour tricherie et haute trahison. Tout fonctionnaire reconnu coupable sera banni à vie de la fonction publique.

Voilà !

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